île d'Agistri à proximité d'Athènes

Escapade à Agistri

Janvier à Athènes

Il n y a presque pas de touriste, mais les températures sont déjà bien agréables… du moins par rapport à Berlin ! Nous avons décidé de nous évader de la capitale le temps d’un week-end. Dans une île. Mais pour 2 jours d’excursion pas question de faire 8 h de croisière. Un ami m’avait parlé d’une petite île à une heure en bateau d’Athènes : Agistri.

Elle n’apparaît dans aucun guide touristique et pourtant c’est l’île idéale pour retrouver un brin de nature, et de calme, du moins l’hiver. Car en été il parait que c’est une destination populaire chez les Athéniens.
C’est ainsi qu’un matin nous nous rendîmes au Pirée pour prendre un bateau. Nous étions un peu en retard (par ma faute) et n’avions pas encore acheté notre billet. Or étant en basse saison touristique il y a peu de bateau effectuant la traversée donc pas question de manquer l’embarquement.
Nous achetâmes notre billet dans l’une des nombreuses agences de voyage qui jalonnent le parcours du métro au port. Le tarif était celui que nous avions vu indiqué sur le site internet. Je ne sais pas si c’est le cas dans toutes les agences.

Nous voilà dans le bateau rapide qui dégage une très mauvaise odeur, on dirait qu’un gaz se dégage dans la cabine. Nous sommes assez nombreux, et à mon grand désarroi il y a des pas mal de touristes. Mais ils descendent tous à l’unique étape de la croisière, sur l’île d’Egine. Il ne reste plus dans le navire que les habitants de l’île d’Agistri et nous-même. Encore 10 minutes et nous voilà à bon port.

Les habitants partent pour la plupart en scooter et quelques-uns en voiture, équipés de leurs nombreuses courses faites à Athènes. Nous nous entamons notre périple à pied et traversons un village écrasé par le soleil de midi qui semble vide, à l’exception de l’école qui bruisse du bruit de la cour de récréation. De nombreux établissements sont fermés : hôtels, restaurants, bars, maisons d’hôtes… Nous espérons que nous trouverons un logement disponible. Nous avons repéré sur Internet des hôtels mais n’avons pas réservé car nous n’étions pas sûr de réaliser notre excursion en cas de mauvais temps.

Une petite rue à Agistri

Après quelques détours nous finissons par trouver l’hôtel en question. La porte est ouverte mais il n y a personne à la réception et là encore le lieu semble presque à l’abandon. Finalement nous trouvons une vieille dame à l’étage qui fait les lits. Elle nous loue une jolie chambre avec un balcon qui donne sur la mer. Il semble que nous soyons les seuls clients.

La dame ne parle pas très bien anglais mais elle comprend que nous cherchons un scooter. Elle appelle des voisins qui nous en louent un. C’est à ce moment-là que nous nous rendons compte que nous n’avons pas pris beaucoup d’argent liquide avec nous. Nous enfourchons le scooter à la recherche de l’unique distributeur de l’île. Après un démarrage qui finit presque dans les poubelles mon pilote parvient à maitriser sa monture et nous partons en direction de Skala, le grand village du coin. A notre grande surprise nous y sommes en 5 minutes alors que nous croyions qu’il se trouvait à 15 km de notre hôtel… Au distributeur, mauvaise surprise. La machine est en panne, pas moyen de retirer de l’argent. Nous décidons d’aller dans les autres villages pour voir si nous trouvons un distributeur. Notre quête sera assez aisée étant donné qu’il y a seulement trois villages à Agistri et que nous en avons déjà traversé deux. Le troisième se trouve de l’autre côté de l’île. Avant d’emprunter l’unique route goudronnée et de nous enfoncer dans les tréfonds verts d’Agistri nous achetons du pain et du jambon. Le voyage est magnifique, le soleil nous serre dans ses bras, les cheveux volent, le regard décole. Le bleu de la mer surgit ici et là entre la verdure, au loin on aperçoit d’autres îles aux flancs arides. Nous mangeons au bord de l’eau, dans une crique protégée du vent. Nous sommes presque en tee-shirt.

Une crique à Agistri
Vue d'agistri

Arrivés dans le troisième village nous nous rendons à l’évidence… pas de distributeur donc pas d’argent. Nous allons devoir nous rationner. Heureusement il y a bien peu de tentations sur Agistri. Nous reprenons la route et empruntons un chemin secondaire qui nous mène à une plage au nord. De là nous pouvons suivre un chemin de randonnée. La dame de l’hôtel nous a donné un dépliant touristique avec une carte et des lignes qui indiquent grossièrement les promenades. Nous trouvons le départ de l’une d’elle et suivons le sentier qui monte et nous offre de splendides panoramas. Toutefois nous ne trouvons aucune indication sur le chemin en lui-même. Après avoir traversé la route principale au niveau d’une petite église qui semble à l’abandon nous nous perdons dans les champs. Nous décidons de faire une pause et nous nous assoupissons au milieu de l’herbe, des fleurs et des bruits de la nature. Au réveil, nous décidons de revenir sur nos pas et de suive la route pour retrouver la plage et le scooter. Au milieu de ce nulle part nous voyons au loin une vieille dame cueillir des baies. J’imagine la vie tranquille au milieu de ce paysage serein et souriant.

Nous retrouvons sans encombre notre plage déserte et tentons une baignade. Mais les cailloux et la température de l’eau nous dissuadent de tenter l’aventure plus loin au large. Retour à Skala pour le modeste dîner et soirée sous les étoiles, sur le toit de l’hôtel où nous régnons en maîtres solitaires.

Le lendemain nous partons à pied pour une nouvelle randonnée sur les hauteurs d’Agistri. Là encore il n y a aucune indication mais nous parvenons à nous repérer grâce à la carte du dépliant. Nous croisons une chapelle haut-perchée et une meute de chiens enchainés dans un chenil au milieu de la forêt. Nous retournons à l’hôtel, récupérons les bagages, déjeunons encore de sandwichs et buvons le reste de notre argent sur la terrasse d’un café au bord de la plage, guettant l’arrivée de notre bateau retour et imaginant ce que serait notre vie si nous habitions ici. Nous embarquons pour Athènes sans regret, heureux de nos deux jours d’escapade. Le voyage de retour est assez secoué, le mal de mer surgit et ne nous laisse de répit que plusieurs minutes après le retour sur la terre ferme du Pirée.

village à Agistri

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